Trois outils pour mieux cerner la manipulation, ainsi que la perversion narcissique

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Difficile pour la plupart des gens, de reconnaître le loup dans la bergerie ou parmi le troupeau …

C’est ainsi que sur internet et dans les livres, on a tendance à trouver pas mal de tests et de critères pour « reconnaître un manipulateur » ou « reconnaître un pervers narcissique » … Encore une fois, on trouve de tout et n’importe quoi sur internet, parfois des écrits très pertinents, et d’autres fois un ramassis d’incohérences qui nourrissent les amalgames.

Je vais donc présenter dans cet article, trois outils ou écrits, que j’ai trouvés au fil de mes lectures sur internet. J’ai retenu ces trois-là, comme étant pertinents, à condition de les expliciter et de les nuancer.

       I. 30 critères pour reconnaître un manipulateur, selon Isabelle Nazare-Aga.

En règle générale, je n’apprécie pas vraiment les ouvrages de cette auteure, qui est pourtant une des plus connue et popularisée dans ce domaine. Je pense que d’autres auteurs moins connus ont une meilleure approche du sujet.

Cela dit, je tenais à faire figurer cette liste sur mon blog, car elle m’a personnellement bien aidée dans mon cas. Ce sont ces 30 critères qui m’ont permis de mettre en lumière la manipulation dont j’étais victime depuis quelques années … et dès lors, cela a été comme une révélation.

Une nuance essentielle tout de même : il faut que les comportements décrits ci-dessous soient récurrents, et fassent partie intégrante de l’attitude habituelle (voire quotidienne) de la personne. Autrement dit, la fréquence et la durée sont à prendre en compte.

Ensuite, d’après Isabelle Nazare-Aga, il faut que l’individu présente au minimum 14 critères sur 30 pour dire que l’on a affaire à un manipulateur. J’ai lu quelque part qu’au-delà de 25 critères sur 30, on pouvait parler d’une perversion certaine. Mais bon, disons juste que plus il y en a, plus l’attitude manipulatrice est omniprésente.

01. Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle
02. Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes
03. Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions
04. Il répond très souvent de façon floue
05. Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations
06. Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes
07. Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, qu’ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions
08. Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air, dévalorise et juge
09. Il fait faire ses messages par autrui
10. Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner
11. Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne
12. Il ignore les demandes même s’il dit s’en occuper
13. Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins
14. Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert
15. Il change carrément de sujet au cours d’une conversation
16. Il évite ou s’échappe de l’entretien, de la réunion
17. Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire en sa supériorité
18. Il ment
19. Il prêche le faux pour savoir le vrai
20. Il est égocentrique
21. Il peut être jaloux
22. Il ne supporte pas la critique et nie les évidences
23. Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres
24. Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui
25. Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé
26. Il flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous
27. Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté
28. Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d’autrui
29. Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas fait de notre propre gré
30. Il fait constamment l’objet des conversations, même lorsqu’il n’est pas là.

Je suis actuellement en compagnie du livre Les manipulateurs et l’amour d’Isabelle Nazare-Aga, et voici ce qu’elle dit juste à la suite de cette liste de critères :

Si nous faisons référence aux recherches psychanalytiques, il convient donc d’être attentif aux différentes appellations et de différencier :

– le « pervers narcissique » (ce que j’appelle le « manipulateur »)

– le « pervers de caractère » (ce que j’appelle le « manipulateur pervers »)

– le « pervers » de perversion véritable (perversion sexuelle)

Pas simple de tout différencier, mais en lisant la suite dans le livre, ça se tient … l’auteure laisse donc de côté les « pervers sexuels » (j’ai du mal avec l’adjectif « véritable », pourquoi une perversion serait « vraie » ou « fausse » ? mais bon, c’est un détail). Et selon elle, le manipulateur = pervers narcissique fait très attention à son image et fait en sorte de ne pas être découvert par son entourage. Alors que le manipulateur pervers = pervers de caractère fait moins attention à l’image qu’il renvoie à ses proches.

Ainsi, dans ses 30 critères, parle-t-elle de la manipulation, du manipulateur (pervers narcissique) ou du manipulateur pervers (pervers de caractère) ? Un peu dur à déchiffrer, au final. C’est pourquoi il faut prendre une certaine distance avec ce test. Il est utile, certes, mais ce n’est pas la preuve absolue par A+B qu’on a affaire à un pervers narcissique. Ce serait trop simple. On peut le supposer, mais pas l’affirmer.

Pour en revenir aux 30 critères du manipulateur, je rajouterai cette nuance supplémentaire : ce test est simple à appliquer à la réalité, car ce sont des comportements observables. Cela dit, il faut que la victime prenne assez de recul pour pouvoir définir aussi précisément l’attitude de son bourreau. C’est pourquoi ce test dépend quand même beaucoup du degré de lucidité de la personne qui y répond.

Pour donner un exemple : la première fois que je suis tombée sur ce test, j’avais trouvé « seulement » 22 critères sur 30 à celui qui était encore mon petit ami … je l’ai refait un mois plus tard, et cette fois, je lui ai trouvé 30 critères sur 30.

Aujourd’hui, si je refais ce test, je lui trouve toujours 30 sur 30 ; donc, quand j’avais trouvé 22 sur 30, je manquais encore de discernement.

       II. 20 traits pour identifier un pervers narcissique et s’en protéger.

Pour cette liste-là, je remercie Scarlett, ma « collègue » dont le blog m’a beaucoup aidée et inspirée 😉

Je présente ici une version condensée de son article pour une question de place, mais vous trouverez le lien vers l’article complet à la fin de cet article.

A préciser : ceci est une description « complète » du pervers narcissique. Ce qui revient à dire qu’un PN accompli présentera ces 20 traits de personnalité ; ainsi, cette liste n’est pas un test où il faut compter les critères, à l’inverse de celui d’Isabelle Nazare-Aga évoqué précédemment.

1. Il se présente comme « l’âme sœur » : tel un chevalier sur son cheval blanc, le pervers narcissique semble correspondre en tout point à l’idéal de sa victime. Il partage les mêmes valeurs, les mêmes objectifs de vie, la même philosophie, les mêmes goûts. Il est admiratif de tout ce que sa cible fait, il aime son intelligence, sa vivacité d’esprit, son ambition, son honnêteté et sa sincérité. Il propose rapidement le mariage. Il semble serviable, généreux, digne de confiance. Mais tout ceci est en fait FAUX ! Juste après avoir vu l’engagement de sa victime dans la relation, le pervers narcissique tombe le masque et là, le chevalier blanc se métamorphose en un vilain crapaud. La victime se rend alors compte qu’elle a été bernée, exploitée, trompée. Bref, le pervers narcissique est une vraie fraude. La victime est tombée amoureuse de ses propres rêves, le prince charmant du début n’a jamais existé. L’abus est toujours à la fois financier et émotionnel car le PN séduit par les sentiments puis s’attaque au porte-monnaie de la victime avant de l’abandonner pour s’intéresser à sa prochaine « âme sœur ».

2. Le double visage : le pervers narcissique a deux visages. Un pour vous, la victime, et l’autre pour l’extérieur. La victime est la seule à voir le vrai visage du démon. La première fois qu’elle le voit, c’est quand le PN sent que le moment est venu de tomber le masque. La victime est amoureuse de lui, ou elle est suffisamment prise dans sa toile pour qu’il puisse relâcher la pression. Il passe d’un masque à l’autre à la vitesse de l’éclair, d’une minute à l’autre en fonction des circonstances. Il utilisera cette capacité de transformation pour faire passer sa victime pour folle par exemple. Etant donné qu’elle est la seule à connaître son mauvais côté, et qu’il passe pour un ange auprès des autres, personne ne croira la victime quand elle livrera sa vérité.

3. Le mensonge pathologique : toujours très convaincant et trompeur à souhait, le pervers narcissique est un menteur pathologique. Il créé des diversions, diffuse des demi-vérités, il bluffe ou encore menace sa victime quand elle le questionne. Il nie les évidences et se contredit lui-même. Il ment tout le temps, pour tout, même pour les plus petites choses. Il ment sur les émotions qu’il ressent (il n’en ressent aucune en réalité), il ment sur l’amour qu’il ressent, sur ses regrets (il n’en a aucun, jamais), sur le changement qu’il va opérer. Tout ce qu’il est n’est que mensonge. Ses personnalités sont des mensonges. C’est le mensonge incarné.

4. Le partenaire le plus déloyal qui soit / le saboteur : le pervers narcissique est d’accord avec tout ce que vous dites puis fait tout le contraire de ce qui était prévu. Qu’il s’agisse de mariage, d’accords pour la garde des enfants, d’un simple échange social, tout ce qui a été conclu sera balayé d’un revers de la main. Il retournera ensuite la situation contre vous en vous accusant d’être la personne malhonnête qui a brisé le contrat. Le pervers narcissique adore se faire passer pour la victime.

5. La poudre aux yeux : il grimpe les échelons de la société à coups de couteau dans le dos des personnes qui croisent son chemin et n’a aucune limite dans son ambition. Sa famille n’est qu’une belle vitrine de son succès. Le pervers narcissique aime la poudre aux yeux. Il est certes intelligent, charismatique et très éloquent dans son domaine d’activité mais très souvent, il exagère ses compétences et ses références professionnelles. Il utilise la manipulation pour asseoir son pouvoir sur les autres d’une main de fer. Il exploite ses proies dans le seul but d’atteindre ses objectifs, qui varient en fonction des opportunités. Ce sont les autres qui portent le poids de ses échecs, qu’il s’agisse de ses amis ou de ses collègues. Le pervers narcissique est toujours paranoïaque et s’éclipse rapidement si jamais les choses tournent mal. Il n’assume JAMAIS les conséquences de ses actes et se contente de disparaître.

6. La sexualité déviante : le pervers narcissique est souvent un hypersexuel ou asexuel ou encore une alternance des deux. Sa sexualité présente presque toujours un côté déviant. Dû au climat incestuel dans lequel ils ont grandi et parce qu’ils n’ont aucune empathie, aucun respect des limites, un grand nombre de PN peuvent devenir des parents incestueux et/ou être pédophiles. D’une manière plus générale, les PN considèrent tout le monde comme une source de gratification narcissique potentielle quand ils sont dans une phase prédatrice. Ils sont des infidèles notoires, prennent des risques (pas de protection), sont adeptes de sadomasochisme. Étant donné qu’ils s’ennuient facilement, leurs demandes sont de plus en plus déviantes quand ils sont en couple.

7. La victimisation permanente : le PN blâme toujours les autres pour ses propres fautes. C’est un maître de l’identification projective. C’est lui qui est victime de sa victime. Tout ce qu’il lui fait subir est systématiquement inversé et reproché à la victime.

8. La violence : le plus souvent, la violence du PN est psychologique. Il insulte, humilie, blesse, dénigre, critique en permanence, ouvertement ou sans en avoir l’air. Tout est bon pour rabaisser sa victime et se réhausser à ses dépends. Le PN peut également passer à la violence physique, ce qui est la prise de contrôle ultime sur sa victime. Généralement, il en arrive là quand elle menace de le quitter ou qu’elle est trop proche de son horrible vérité. Sur le point d’être démasqué, le pervers narcissique doit faire monter la pression d’un cran. Une fois sûr que sa victime a compris qui il était et a l’intention de le dénoncer à leur entourage, le PN peut véritablement devenir imprévisible et se transformer en harceleur ou encore en meurtrier selon ce qu’il a à perdre. Cependant, ils évitent ce genre d’extrémités qui ne va pas dans le sens de leur « masque social ».

9. Le contrôle et la manipulation : le PN dresse les uns contre les autres, il divise pour mieux régner. Il ne présente pas ses proies à ses « suiveurs », c’est le roi du cloisonnement, pour que ses mensonges ne puissent pas être repérés. De même, il fera en sorte de ne pas réunir des victimes dans la même pièce. Il contrôle sa victime en se montrant maladivement jaloux et en l’isolant petit à petit de toutes ses connaissances. Il la met sous dépendance totale, y compris financièrement pour qu’elle devienne sa prisonnière. C’est un harceleur-né qui ira jusqu’à retourner la famille de sa victime contre elle pour être certain qu’elle ne voudra jamais le quitter. Il n’hésite pas à s’approprier les revenus de sa victime (ou de ses victimes) car le PN est un maniaque de l’argent, un autre moyen de contrôle d’autrui.

10. La froideur émotionnelle et l’absence totale d’empathie : les pervers narcissiques sont très froids émotionnellement, ils ne ressentent rien au niveau du cœur. Les émotions sont uniquement perçues d’un point de vue intellectuel et ne servent qu’à manipuler les cibles. Les PN sont incapables de se mettre à la place de leurs victimes. De fait, ils ne peuvent pas éprouver de remords, d’ailleurs ça ne leur traverse même pas l’esprit. Dans leur monde, ils sont les plus forts, leurs victimes sont des objets faibles qui méritent d’être exploités et abusés. Quand un pervers narcissique dit qu’il aime, c’est pour mieux préparer la suite : la tromperie et la trahison de la victime pour ensuite se nourrir de sa détresse.

11. La prise excessive de risques  : le pervers narcissique a un faible contrôle de ses pulsions. Il est donc amené à prendre des risques parfois avec sa vie, la vôtre, vos économies, etc. Il peut également exprimer cette prise de risque en ayant de multiples partenaires sexuels sans protection. Ceci doit être un signal d’alarme fort pour quitter la relation. Les pervers narcissiques sont totalement inconscients et irresponsables (pas d’un point de vue légal). Ils ruinent leurs victimes sans le moindre remords. Ils vous mettront en danger sans sourciller. Il se peut également que cet aspect de leur personnalité vous soit caché mais il existe toujours.

12. L’arrogance : le PN aime exhiber ses « jouets », à savoir sa femme, ses enfants, ses biens matériels, ses diplômes, bref tout ce qui peut lui permettre de se mettre en avant en société. Il ne cherche que l’admiration, l’attention, la flatterie, il en a un besoin compulsif. La seule raison d’exister de toutes les personnes qui l’entourent est le fait qu’elles le mettent en valeur. Quand elles ne remplissent plus leur rôle, elles sont jetées car ce sont des objets remplaçables.

13. Le sadisme : le pervers narcissique dans toute sa splendeur a besoin de la souffrance de sa victime pour expulser la sienne. Il ressent une vraie jouissance à la voir se démener pour faire fonctionner la relation, il adore la voir demander pardon alors que c’est elle qui a été blessée, il exulte de voir ses larmes, sa détresse. Son but ultime et non avoué est de la pousser au suicide ou à l’internement. Cela signerait sa toute-puissance, son droit de vie et de mort psychique sur elle. Les PN sont cruels, sans pitié. Quand ils reviennent après avoir abandonné une de leurs proies, c’est pour le plaisir de susciter son espoir puis de la décevoir de nouveau et ainsi de suite.

14. Les colères soudaines : on peut plus parler de crises de « rage » que de colère. Elles sont totalement disproportionnées et interviennent quand le PN n’a pas sa dose d’attention, de contrôle et/ou de soumission. Ce qu’il recherche, c’est juste de l’attention, qu’elle soit positive ou négative, comme un enfant qui fait un caprice. S’il doit se montrer plus cruel, insulter sa victime ou l’intimider, il le fera.

15. La séduction permanente : la séduction est l’arme fatale des pervers narcissiques. Ce sont de beaux parleurs et ils sont souvent charmants. Cette séduction n’est jamais à double sens puisque le PN n’est jamais sous le charme de sa victime. Il a un objectif en tête et c’est pour cela qu’il aborde puis séduit et enfin dépouille la cible. Ceci, sans le moindre sentiment, le moindre état d’âme. La victime, elle, est totalement prise dans les filets de cet individu. Elle est comme hypnotisée et ne voit que du feu jusqu’à ce que le masque tombe. Le PN utilise la séduction tout au long de la relation pour empêcher la victime de partir tant qu’il en a besoin. Cette séduction est un venin à distillation lente mais sûre, qui met beaucoup de temps à être éliminé par l’organisme hôte.

16. La paranoïa : à force de berner tout le monde, les pervers narcissiques se constituent un solide réseau de victimes qui peuvent à un moment, vouloir se venger. A cause de cela, les PN sont toujours dans la paranoïa, ils pensent être enviés, jalousés, manipulés, etc. Tout ce qu’ils sont au fond d’eux est projeté sur les autres en négatif. Il y a certainement une part de vérité et il y a fort à parier qu’avec tous les cadavres disséminés sur leur chemin, tôt ou tard, leur paranoïa sera justifiée. Les PN ont également tendance à se montrer hautement suspicieux de leur partenaire, l’accusant d’être infidèle ou de leur vouloir du mal. Ils peuvent du coup, mettre fin brutalement à une relation ou se montrer dangereux en prévention d’une agression même fictive.

17. L’usurpation de personnalité : c’est une expression qui me vient pour désigner la plus grande arnaque du pervers narcissique. Il s’accapare les qualités de sa victime, ses succès, tout ce qui fait d’elle une belle personne et lui transfuse de force ses propres défauts. Ainsi, la victime est transformée en marionnette, en personnage de bande dessinée dont le scénariste est le pervers narcissique. Psychiquement, la victime bascule dans une réalité alternative, celle du bourreau, dans laquelle elle est vidée de sa substance identitaire pour devenir un objet modelé par le pervers.

18. La fausse dénonciation de la malveillance : les pervers narcissiques adorent se faire passer pour les gardiens de l’ordre et de la morale ! Régulièrement, ils souligneront combien les autres sont mauvais, combien le monde est hostile et combien la victime a de la chance d’être tombée sur une personne avec des valeurs morales tellement marquées. Il s’agit d’un grossier mensonge totalement hypocrite, prononcé par le pire des personnages qui soit. Lui qui n’hésite pas à tromper, trahir, corrompre, abuser autrui se présente comme un saint.

19. L’avertissement caché : tous les PN, dès le début de la relation, envoient des messages codés à leurs victimes pour les avertir de ce qu’ils ont l’intention de faire. Il ne faut pas les ignorer, c’est le masque qui glisse. Il peut s’agir de phrases comme « tu devrais te méfier de moi » ou encore « je ne suis pas digne de confiance ». Eh bien, c’est la vérité.

20. La fausse repentance : « je vais changer », « je regrette », « je t’aime, pardonne-moi », etc. Retour au point sur le « mensonge pathologique ». Le pervers narcissique n’est jamais sincère et il ne se remet jamais en question. Donc, quand il sort de telles paroles, il ne faut rien croire. Ce ne sont que des mots creux visant à retenir la victime et à semer le doute dans son esprit. N’oublions pas que c’est un sadique qui adore créer de l’espoir pour mieux le descendre en flammes et briser les cœurs trop tendres.

J’ai vraiment trouvé cette description pertinente, bien qu’il soit difficile de faire une liste exhaustive des comportements du pervers narcissique accompli et de prétendre en faire un « portrait-robot ». Pourtant, chez la plupart des PN supposés « accomplis », on retrouve vraiment tous ces traits-là, plus ou moins marqués selon les périodes de la relation d’emprise et selon la stratégie utilisée par le PN.

      III. Tableau comparatif des personnalités névrotiques et perverses.

Le tableau ci-dessous est extrait du livre Saccage psychique au quotidien de Maurice HURNI et Giovanna STOLL (2002). Je l’ai vu pour la première fois, sur un article d’un blog très intéressant, que je citerai aussi à la fin de cet article. L’image suivante est une capture d’écran de cet article, car je n’ai pas la possibilité de créer un tableau moi-même (et les techniques de geek, ça prend trop de temps ^^). Je remercie l’auteur du blog où je l’ai trouvé, d’avoir présenté ce tableau de façon très claire.

Tableau

A mon sens, ce tableau est un outil pertinent, puisqu’il permet cette fois de définir ce qu’est la perversion opposée à la névrose.

Pour rappel, une personnalité névrotique est ce qui caractérise une personne « normale », même si je n’aime pas ce mot. Autrement dit, une personne dotée d’une « affection nerveuse, caractérisée par des conflits psychiques, qui détermine des troubles du comportement, mais n’altère pas gravement la personnalité du sujet » (merci le dictionnaire Hachette 2014, il me sert bien en ce moment). En termes plus simples, une personne capable de se remettre en question, de réfléchir sur elle-même et de ressentir des émotions variées. Voilà ce qu’est un(e) névrosé(e).

En opposition avec une personnalité perverse, qui caractérise une personne ayant une déviance du comportement selon la définition de la perversion (que j’ai déjà donnée dans cet article : Une définition terminologique de la perversion narcissique).

Il y a aussi la personnalité psychotique, et la psychose est définie comme telle : « Maladie mentale que le sujet est incapable de reconnaître comme telle et caractérisée par la perte du contact avec le réel et une altération de la personnalité. La paranoïa et la schizophrénie sont des psychoses. […] » (encore une fois, c’est le dictionnaire Hachette 2014 qui le dit). Il faut savoir que malgré tout, le pervers narcissique est en quelques sortes considéré comme se situant entre la névrose et la psychose … cela dit, il est parfois décrit comme un « psychotique sans symptômes », ou encore on parle de « psychose blanche ». En fait, il se défend de la psychose par plusieurs mécanismes que je décrirai ultérieurement.

Ce tableau est assez éloquent à lui tout seul, c’est pourquoi je n’ai pas besoin de trop l’expliquer. C’est en effet une comparaison d’une personne névrosée, avec une personne ayant une perversion accomplie et notable.

Si vous avez besoin d’éclaircissements sur toutes ces notions, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, je vous répondrai avec plaisir.

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Je peux vous prévenir tout de suite … ce n’est pas la peine de brandir ces trois outils sous le nez d’un proche qui vous cause du tort, si vous avez repéré un supposé PN dans votre entourage.

Déjà, même si ces trois « tests » sont un bon début pour mieux comprendre ce que l’on vit et à qui on a affaire, la plupart d’entre nous ne sommes pas psychanalystes et ne pouvons donc pas vraiment poser un diagnostic indéniable.

De plus, si ce proche est bel et bien pervers, il niera de toutes façons, et vous dira que ces trois écrits sont votre portrait craché. Ben oui, puisque le pervers narcissique projette tous ses conflits internes et ses défauts sur autrui (c’est bon à savoir). Ce n’est pas rare, d’ailleurs, qu’un PN à priori accompli, finisse par traiter sa victime désignée de « manipulatrice/manipulateur », ou encore de « pervers(e) narcissique » (oui oui, ça se voit régulièrement). Vu que le PN inverse toujours les rôles, facile pour lui de se laver les mains. C’est à devenir fou ou folle 😉 j’y reviendrai dans d’autres articles.

Sources m’ayant inspirée pour cet article :

L’article de Scarlett en version complète (avec la stratégie défensive conseillée pour chaque trait) : 20 traits pour identifier un pervers narcissique et s’en protéger

L’article où j’ai trouvé le tableau comparatif névrose/perversion, où l’auteur présente une autre approche que la mienne sur cette question, même si je le rejoins sur plusieurs points : Comment reconnaître un pervers narcissique ‘manipula-tueur’* ?

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5 réflexions sur “Trois outils pour mieux cerner la manipulation, ainsi que la perversion narcissique

  1. Pingback: L’entourage du pervers narcissique : une cour d’admirateurs sur un échiquier | La lumière effraie les vampires

  2. Je prends beaucoup d interet à parcourrir les articles de votre blog. Aussi je vous en remercie. Cependant et je m en amuse, même si vous n êtes pas l auteur notamment des differents tests, je me retrouve enormement dans ces definitions. Seulement voilà, je suis reconnu et traité en tant que bipolaire depuis 10 ans. Je pourrais tres bien aussi etre pervers narcissique et en ai meme ete convaincu quelques temps. Seulement le fait d en etre convaincu justement en plus de ma psychose bouleverserait ma propre these. En effet un pn se remettrait il ainsi en question s inquietant de cet « etat »? De plus des etudes ont infirmé la possibilité de cumuler les 2 troubles. On pourrait dire « l un annulant l autre » (c est un resumé peut etre peu parlant ». Enfin j ai eu la confirmation (si on puit dire) d avoir vecu 4 ans pres d un pervers narcissique aussi on pourrait penser comme vous en parlez que celui ci m aurait retourné ses propres failles à la figure, de plus la fragilité de mon etat fait de moi une victime facile et evidente. Il m arrive pourtant de penser que d une certaine façon cette bipolarité m a en partie sauvé de l emprise de mon nemesis, du fait du manque de suivi de ma construction psychique, les prises sur moi peuvent voler tres vite en eclat, remplacée par d autres et j ai tt de meme beaucoup souffert. (A la suite d echange dans des « groupes » de parole et sur des forums j ai constaté que le min etait particulierement redoutable, j en ai presque effrayé certins mais je prefere en sourire que faire d autre?). Bref en conclusion et comme vous le disiez certains test sont a prendre a la legere en fonction du recul. Et j ose penser qu elles peuvent aussi definir d autres pathologies qui elles se traitent. Mais peut etre me trompe-je.

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    • Je vous remercie pour cette réflexion qui amène d’autres pistes et points de vue.
      Je ne suis pas psychologue et n’étudie pas dans ce domaine, mais j’ai beaucoup lu sur ce sujet. Je n’ai pas la science infuse, je ne détiens pas la vérité absolue, je ne sais pas trop comment aborder cette question.
      Cela dit, j’aurais tendance à dire qu’on ne peut pas être pervers narcissique ET bipolaire. J’ai toujours lu que c’était l’un ou l’autre. Seuls sont en commun chez ces deux profils, certains mécanismes de défense par exemple.
      Si vous vous posez ces questions, c’est probablement que vous êtes capable de remise en question, ce qui est très bien 🙂 Peu importe l’étiquette qu’on peut coller, ce n’est pas le plus important. Surtout si vous êtes déjà suivi et traité, c’est bien l’essentiel.
      Un vrai pervers narcissique ne sait en général pas se remettre en question, il ne le veut pas car il n’en voit pas l’utilité sachant que ce sont les autres le problème, toujours les autres. Il peut toutefois dire qu’il a des torts pour faire bien, voire prononcer un grand discours pour dire qu’il est désolé de tout le mal qu’il a fait … mais ce n’est que du pipeau, pour mieux manipuler derrière, pour endormir l’autre avant de recommencer.
      Quant aux tests évoqués dans cet article, tel que les 30 critères du manipulateur, ils sont à utiliser avec une grande prudence. On peut bien sûr y répondre pour quelqu’un de notre entourage sur lequel on a un doute, même sur nous-même pourquoi pas 🙂 Je sais très bien que je ne suis pas une pn, et si je le fais pour moi-même, j’aurai quand même quelques critères sur les 30, je n’atteindrai pas les 14 sur 30 non plus.
      De plus, quand on connaît quelqu’un depuis peu de temps, on a un aperçu de son attitude générale, donc on peut lui trouver un certain nombre de critères … mais en prenant le temps de le connaître un peu mieux, d’autres critères pourraient apparaître encore. Donc ce test ne peut pas être ponctuel, il est plutôt suivi dans le temps.
      Quelqu’un de bien tordu et perché a bien souvent 30 sur 30, après c’est juste que ces comportements sont récurrents chez les personnes qui savent très bien manipuler. Et il n’y a pas forcément que les pn qui sont manipulateurs 😉

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  3. J’ai été sous l’emprise d’un pervers narcissique pendant 5 ans, c’était un collègue de travail. J’ai coupé les ponts en août l’année dernière, j’ai eu le droit à du harcèlement moral, a des mails insultants, qu’il me fasse peur en venant en bas de chez moi. J’ai beaucoup de chance d’avoir mon mari, mon fils, ma famille et mes amis qui l’aident et m’entourent. La reconstruction est lente et difficile, j’aimerai me retrouver en face de lui pour lui exprimer ce que je ressens, il reste souvent encore dans ma tête, les déclics sont-ils longs à venir ? Je suis épuisée de voir encore que je ne suis pas guérie et que j’ai encore beaucoup de mal à passer à autre chose. Est-ce que tout ca est normal ? Est-ce que la reconstruction est longue ? Merci et vos articles m’aident énormément
    Candice

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    • Bonsoir Candice,

      Avec un peu de retard je vous réponds.
      Etre sous l’emprise d’un pervers narcissique ou d’un manipulateur dans le cadre professionnel est sûrement plus courant qu’on le pense, même si on en parle moins. Je n’ai pour ma part jamais été dans cette situation précise, mais je comprends que c’est très difficile à vivre. Il y a bel et bien un traumatisme, d’autant plus que vous êtes restée des années à le côtoyer. C’est hallucinant de lire de la part d’un de vos collègues qu’il est venu jusqu’en bas de chez vous, mais venant d’un manipulateur ce n’est même pas étonnant, je vous crois car je sais comme ces personnages peuvent aller très loin. « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » 😉
      Pour vos questions, il faut tout d’abord laisser passer beaucoup de temps, mais aussi apprendre à lâcher prise et laisser le passé derrière soi. Si vous en ressentez le besoin, c’est peut-être le moment de commencer une thérapie avec un psy ; sinon, il y a aussi d’autres approches intéressantes comme la microkinésithérapie et la kinésiologie. Se documenter, lire des livres sur le sujet, se confier à des gens qui ont vécu la même chose … peut aider à aller mieux au fil du temps.

      Courage, et merci pour votre retour à propos de mes articles.

      La lumière effraie les vampires.

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