L’ego, ou les faux-semblants qui nous enchaînent

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Aujourd’hui, je voudrais parler d’une artiste qui m’a beaucoup touchée de par son talent à travers ses chansons, et je peux vous dire que c’est rare … Je suis exigeante et légèrement difficile concernant la musique, alors je fais toujours la différence entre les chanteurs talentueux et les chanteurs « bling-bling » 😉 En particulier, une de ses chansons, qui évoque le sujet de l’ego et qui va me permettre d’écrire cet article avec un exemple musical.

Indila-a-collabore-avec-4-des-plus-grands-rappeurs-francais_portrait_w674Indila, et son album Mini World. J’ai découvert cet album l’année dernière lorsqu’il est sorti début 2014, et je l’ai redécouvert il y a peu de temps, cette fois en écoutant attentivement les paroles des chansons. C’est vrai qu’à la première écoute, on a tendance à n’écouter que l’instrumentale, et pas vraiment les paroles.

Si vous souhaitez l’écouter en entier, voici le lien Deezer : Indila – Mini World

La plupart des chansons de Mini World me parlent, comme si j’aurais pu moi aussi écrire ces textes. Indila a à peu près tout pour elle : elle est jolie, elle a une belle voix qu’on reconnaît parmi d’autres, et elle a du talent. De plus, elle me paraît être une personne humble et sensible, en tout cas c’est ce qui transparaît lorsqu’on l’écoute chanter.

Quand je parle de « talent » pour un chanteur, je sous-entends surtout la capacité à transmettre des émotions lors de l’interprétation. Si vous observez bien chaque chanteur connu, parmi ceux que l’on voit dans les émissions de télévision et dans les clips, tous n’ont pas cette sensibilité artistique. Même parfois, certains chanteurs très populaires en sont dénués. On ne peut pas vraiment alors, à mon sens, les qualifier d’artistes ; ce mot, il faut le réserver aux chanteurs qui ont du talent, donc. Le succès n’est pas forcément synonyme de talent.

Et puis, je voudrais surtout parler de la chanson présente sur cet album Mini World : Ego, qui je trouve, a un sens très profond … à première vue, on pourrait penser que c’est un titre « passe-partout », pourtant pas du tout, surtout qu’il me semble que cette chanson-là ne passe pas à la radio. On peut clairement y ressentir une ode à la spiritualité, même si une chanson peut parfois avoir plusieurs sens ou interprétations possibles.

Ego est une chanson qui invite à s’éveiller sur soi-même, à se demander d’où provient cette souffrance que l’on s’inflige bien souvent à tort. Elle nous rappelle aussi qu’il faut garder espoir, même quand ça ne va pas. Elle nous conseille d’affronter la réalité telle qu’elle est, pour pouvoir comprendre la vérité et trouver la lumière.

We are the war
We are the war
We are the war
We are the war

Plus j’avance et plus je sais
Que t’es là, toi mon ego
Faut que je m’en aille
Je sens que je déraille
Aujourd’hui je t’écris
Je brûle tout c’que tu m’dis
Maudit, vomis tout ce qui brille
La guerre s’ensuit

On est loin, on est loin du jardin d’Eden
Éternelle réalité
Libéré, libérons-nous de nous-mêmes
Qu’a t-on fait de la vérité ?
Brisez-les, brisez-les, brisez toutes les haines
Vivre libre, n’affronter que moi
Le seul combat auquel je crois
C’est contre moi, moi, moi, moi, moi

Libère ton esprit
Écoute chanter le monde
Pourquoi passer sa vie
A courir après une ombre
Juste une pâle copie
Une voix qui t’entraîne
Et petit à petit
Elle prend ton oxygène

We are the war
The war en nous-mêmes
J’veux voir, j’veux voir
J’veux voir la lumière
Libère-toi

C’est, c’est, c’est, c’est l’ego, l’ego, l’ego, l’ego [x4]

On est loin, on est loin du jardin d’Eden
Entre joie et fatalité
Libéré, libérons-nous de nous-mêmes
Pourquoi souffrir lorsqu’on peut s’aimer ?
Brisez-les, brisez-les, brisez toutes les chaînes
Vivre libre et n’être que soi
Le seul combat auquel je crois
C’est contre moi, moi, moi, moi, moi

Libère ton esprit
Écoute chanter le monde
Pourquoi passer sa vie
A courir après une ombre
Juste une pâle copie
Une voix qui t’entraîne
Et petit à petit
Elle prend ton oxygène

We are the war
The war en nous-mêmes
J’veux voir, j’veux voir
J’veux voir la lumière
Libère-toi

C’est, c’est, c’est, c’est l’ego, l’ego, l’ego, l’ego [x4]

Libère-toi

La première fois que j’ai écouté cette chanson, je n’avais pas bien compris ce qu’Indila chantait. Mais j’aimais bien la mélodie, l’optimisme, le message d’espoir qui se dégage de cette chanson.

La deuxième fois que j’ai écouté cette chanson, j’ai cru qu’elle parlait des personnes toxiques qui nous emprisonnent. J’aimais toujours autant l’émotion rattachée que j’avais ressentie la première fois, mais cette fois avec la dimension combative en plus.

La troisième fois que j’ai écouté cette chanson, j’ai compris qu’elle parlait de l’ego, notre ego qui nous emprisonne nous-mêmes. Et là, en plus de tout ce que j’avais compris lors des deux premières fois, ce fut comme une révélation.

L’évolution dans ma compréhension de cette chanson illustre très bien mon cheminement personnel. Entre chacune de ces trois étapes, il s’est écoulé quelques mois, bien sûr.

Nous nous imposons tellement de prisons invisibles, de souffrance, de négativité. Nous sommes persuadés que c’est toujours la faute de l’autre, des autres, mais nous … n’avons-nous pas notre propre part de responsabilité dans ce qu’il nous arrive ? Certainement. Si l’on prend l’exemple de nos relations ; une relation, ça se fait à deux, toujours. Quelle que soit la personne en face : un pervers narcissique, un névrosé, un psychotique … nous aurons toujours notre part de responsabilité.

Ces dernières semaines, j’ai retrouvé dans un livre à propos du moment présent le prolongement de cette chanson … la plupart de nos prisons, de notre souffrance et de notre négativité provient de notre ego. Cette idée peut changer une vie.

Evidemment, certaines souffrances sont inévitables car nous sommes humains, et dans certaines situations nous ne pouvons pas les éviter (par exemple, lors d’un deuil).

Par contre, il ne tient qu’à nous de diminuer la quantité de souffrance dans notre vie. La plupart des problèmes, c’est nous-mêmes qui nous les créons et nous les imposons. Et pourtant …

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Les autres nous blessent, seulement si nous leur laissons le pouvoir de nous blesser.

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Pour en revenir à la chanson d’Indila – Ego ; c’est vrai qu’au début, j’avais mal compris ce couplet.

Libère ton esprit
Écoute chanter le monde
Pourquoi passer sa vie
A courir après une ombre
Juste une pâle copie
Une voix qui t’entraîne
Et petit à petit
Elle prend ton oxygène

Je pensais vraiment qu’on pouvait voir dans ces mots, l’évocation d’une personne toxique « Juste une pâle copie », avec sa « voix qui t’entraîne », et qui « petit à petit […] prend ton oxygène » … « Pourquoi passer sa vie, à courir après une ombre ? » en effet, pourquoi passer sa vie à courir après un vampire, qui n’est qu’une ombre, une pâle copie, un fake ? On peut aussi se la poser, cette question.

Cela dit, dans ces mots, Indila n’évoque pas un vampire (donc une autre personne), mais plutôt notre ego qui nous étouffe, perpétue nos illusions et nos mirages. Cet ego n’est qu’orgueil, vanité et faux-semblants. Il nous emprisonne avec cette fameuse petite voix dans notre tête, la pensée, qui prend bien souvent notre oxygène. L’ego, ce n’est pas nous. Seulement la fausse image que nous avons de nous-mêmes.

En fait, lorsque deux personnes se battent et se détruisent ensemble, ce sont leurs ego respectifs qui s’affrontent. Parce qu’au fond, le conflit est inutile si le but est la destruction de l’autre, ou bien la vengeance consciente ou inconsciente. Seuls les conflits ayant pour but l’arrivée à un accord commun sont structurants. Ainsi, la plupart des conflits sont déstructurants et stériles.

Quant au pervers narcissique, lui, il bat tous les records en matière d’orgueil et de vanité … son ego est surdimensionné, et dirige entièrement sa vie. Comment une telle personne pourrait respecter les autres, alors qu’elle est entièrement coupée de son Etre ? Finalement, le pervers narcissique n’a pas d’identité propre, son Moi le plus profond est verrouillé. C’est comme si son Etre était enfermé tout au fond de lui/elle, dans un coffre aux trésors verrouillé dont il a perdu la clé depuis bien longtemps. C’est pour cette raison principale qu’il cherche à se nourrir de la substance d’autres personnes, qui elles, ont une forte personnalité, de belles qualités et une immense énergie vitale.

Pourquoi pensez-vous qu’un pervers narcissique est un être égocentrique et égoïste ? Dans ces deux mots, on retrouve ce fameux « ego » qui prédomine en lui, dissimulant son véritable et authentique Etre. Il est incapable d’être bienveillant et empathique avec les autres, car son propre ego le contrôle, l’étouffe. Il est atteint de mégalomanie, et frôle la démence sans sombrer complètement dedans.

Nous concernant, en tout cas les personnes névrosées, nous avons aussi notre propre ego, mais en général il n’est pas surdimensionné ! Nous ne sommes donc pas des cas désespérés, et nous pouvons changer ce qui ne va pas en nous, du moins améliorer notre perception de la vie 😉 Si on laissait un peu notre ego de côté, avec tout son orgueil, sa vanité, ainsi que la peur qu’il produit ? Ce sont nos peurs qui nous inhibent le plus, et si nous nous laissons envahir par la peur, alors nous ne faisons plus rien. Nous n’avançons plus, nous stagnons dans notre vie.

C’est à peu près l’idée que suggère la chanson Ego que chante Indila, avec sa jolie voix orientale. Je suis d’accord avec elle, quand elle dit « Le seul combat, auquel je crois, c’est contre moi … » et « We are the war en nous-mêmes ». Ce qui indique que nous sommes sûrement notre pire ennemi, si nous ne faisons pas attention. Voici une parole prononcée par Bouddha, il y a deux mille cinq cents ans :

Personne ne peut te nuire autant que ton propre esprit non entraîné, pas même ton pire ennemi. Et personne ne peut t’aider autant que ton propre esprit bien entraîné, pas même ta mère et ton père qui t’aiment énormément.

On ne s’en rend même pas compte, mais c’est nous-mêmes qui nous nous imposons le plus de souffrance, en perpétuant et en s’accrochant à des situations négatives par exemple, comme si notre survie en dépendait. Même quand on sait très bien au fond de nous que cette situation ne nous convient plus du tout, et ne nous amène plus que de la frustration … on a tendance à s’obstiner, à tout prix, parce que « c’est comme ça », parce qu’on ne sait pas faire autrement – en tout cas, c’est ce que l’on croit, parce qu’on a peur du changement. On se sent alors menacés, et on pense que c’est uniquement à cause des autres ou des circonstances de notre vie. On répète, on ressasse, que c’est la faute de l’autre, de la malchance, du destin, du hasard, du monde entier, si l’on va mal. Et pourtant …

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Si vous pensez avoir un ou plusieurs ennemi(s), méditez sur ce proverbe plein de sagesse 😉

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Enfin, je finirai avec cet humble conseil donné par Indila dans cette chanson :

Libéré, libérons-nous de nous-mêmes
Qu’a t-on fait de la vérité ?

[…]

Libéré, libérons-nous de nous-mêmes
Pourquoi souffrir lorsqu’on peut s’aimer ?

Ces deux questions, bien souvent existentielles au cours de nos vies, sont à méditer ; elles sont l’une des nombreuses pistes qui mènent sur le chemin de la conscience et de la vérité. D’ailleurs, il n’y a pas besoin de mots, de concepts ni de religion pour trouver la vérité, absolument pas : elle existe en chacun de nous, comme un trésor qui ne demande qu’à être découvert. Il n’y a pas besoin de dire : « Moi, je connais la vérité » ; cette parole est proférée par les gens prétentieux, ou les sectes et leurs fidèles. La vérité ne se raconte pas, elle se vit et se ressent de façon intemporelle.

Enfin, l’amour est sûrement un des plus beaux sentiments profonds de l’Etre, lorsqu’il est ressenti. Lorsque je parle d’amour, je ne parle pas exclusivement des couples et des relations, car le véritable amour est bien plus vaste que ça. On peut aimer bien d’autres êtres que son amoureux ou son amoureuse : un ami, un proche, un animal, une fleur … et si l’on étend l’amour à un champ plus large, alors la haine des autres ne peut plus nous atteindre personnellement, non ? Etre en paix avec soi-même, déjà, puis répandre l’amour profond autour de soi ; regarder au-delà des apparences. Cela est une des façons d’éloigner les vampires tels que nous les connaissons : ils ne supportent pas tout ce qui est Lumière, Vérité, Amour et Paix. Alors, il ne tient qu’à nous de découvrir ce potentiel caché en nous-mêmes, et les vampires ne pourront plus nous atteindre.

Livres m’ayant inspirée pour cet article :

Eckhart Tolle – Le pouvoir du moment présent

Eckhart Tolle – L’art du calme intérieur

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2 réflexions sur “L’ego, ou les faux-semblants qui nous enchaînent

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