A propos

Bien souvent, quand on pose la question « Qui es-tu ? » à une personne, celle-ci va répondre instinctivement « Je m’appelle [prénom], je suis une femme/un homme, j’ai tel âge, j’habite telle ville … etc ».

En réalité, tout cela n’a guère d’importance, à part nous donner une identité dans notre société si conformiste. Mais au fond, tout cela, ce ne sont que des caractéristiques et des étiquettes. Ce n’est pas vraiment nous.

De toute façon, si vous avez lu quelques uns de mes articles, vous avez déjà deviné que je suis une femme car j’emploie le féminin lorsque j’accorde les adjectifs, cela sera suffisant.

Ensuite, je peux vous dire que j’ai un passé, un présent et un futur. Comme tout le monde, oui. D’ailleurs, il est indispensable de penser que la plus importante de ces trois dimensions, c’est le présent.

Cela dit, mon passé est déjà pas mal rempli, si on se retourne pour le regarder. Des hauts, des bas, j’en ai vécu des montagnes russes (encore une fois, comme tout le monde). Aujourd’hui, j’arrive à une période où j’ai dû redéfinir une nouvelle orientation et un nouveau sens à ma vie. Ça arrive de se perdre sur le mauvais chemin, parfois. Si ça vous arrive aussi, ne vous inquiétez pas, on finit tôt ou tard par s’apercevoir qu’on fait fausse route et alors, il suffit de bifurquer au prochain carrefour.

Ainsi, il y a quelques années, le destin m’a amenée à croiser le chemin d’un jeune homme du même âge que moi. Un peu (beaucoup) énigmatique, un peu (beaucoup) incohérent, un peu (beaucoup) invivable, un peu (beaucoup) tordu, sur lequel j’ai fini par coller l’étiquette de « pervers narcissique ».

A vrai dire, c’est l’étiquette qui lui convient le mieux, car il ne rentre pas vraiment dans les autres cases définies en psychologie, que j’ai étudiées aussi pour voir. Non, vraiment, « pervers narcissique », c’est ce qui le décrit idéalement.

Cela m’a bien arrangé, au début, c’est cette étiquette qui m’a permis de réaliser que c’était lui, la source de tout le désespoir dans ma vie. Ou plutôt, celui qui a révélé la profonde blessure en moi. Il est le responsable d’un sacré chaos. Moi, je suis responsable aussi, car une relation ça se fait à deux. Du coup, avec toutes ces clés en main, j’ai pu « fuir » comme on dit. Ou plutôt, sauver ma peau (ce qu’il en restait).

Voilà le pourquoi de ce blog. Une relation amoureuse de plusieurs années avec un être totalement dénué d’empathie et d’humanité, ça marque profondément.

La passion, la fascination, l’admiration, l’emprise, la dépendance affective, la soumission, le silence, le doute, la culpabilité, la peur, la honte, la souffrance, la folie, la dépression … je connais. Et tout ça, dans le secret le plus caché (ou presque). Un homme que la plupart des gens penseraient incapable d’autant de cruauté morale et de violence psychologique. Et pourtant.

Jamais de trace sur mon corps, puisque jamais il n’a porté de coups sur moi. Mais c’est normal, puisque le pervers narcissique évite de passer à l’acte, il orchestre plutôt le meurtre psychique. Je crois bien avoir vu la mort en face, sur la fin de la relation ; ce que je veux dire par là, c’est que j’ai vu à quoi elle pouvait ressembler. Les précédentes années de harcèlement moral et de violence psychologique m’ont amenée à la dépression et ses joyeux symptômes que j’évoquerai sûrement dans un futur article.

Bref, voilà mon vécu sur ce sujet dans les grandes lignes. Cette expérience m’a bouleversée. On est détruit, puis on se reconstruit. On dit qu’il faut toucher le fond pour mieux remonter, c’est tout-à-fait mon cas.

Aujourd’hui, peu de temps après la fin de cet enfer relationnel, je vais bien. Tellement bien. Et je veux faire de cet épisode de ma vie, une force. Pas de chance pour celui qui était mon petit ami (avec des allures de vampire affectif) : je me suis relevée là où il m’a jetée dans le vide. Et il ne serait guère satisfait de me voir « bien », car il n’était content que quand j’allais plus mal que lui. Evidemment.

Je veux transmettre ce que j’ai appris à mes dépens, la connaissance de ce profil qu’est le PN et les chemins pour se reconstruire. Je veux que mon histoire serve à d’autres victimes de PN.

Je veux surtout, PARLER. Ne plus me taire, parler, sans plus aucune honte. Ne plus avoir peur. Dénoncer. Mettre en lumière, car les vampires fuient lorsqu’on braque les projecteurs sur eux. Et c’est bien cela qu’il faut faire avec le pervers narcissique.

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5 réflexions sur “A propos

  1. Bonjour ,
    Je confirme que la micro- kinésithérapie est un bienfait pour se reconstruire.Je sors de plusieurs séances avec un excellent professionnel du nom de Nicolas Roché que je recommande à tous.Merci pour votre article .Bonne et longue vie à vous.

    Aimé par 2 personnes

  2. Bonjour, personnellement, j’ai un avis plutôt partagé sur les trois structures : névrose, psychose et perversion voire une quatrième avec l’autisme… j’ai plutôt l’impression que l’on passe plusieurs fois d’une structure à l’autre au cours de notre vie, j’argumente cela dans mon prochain livre…j’avais une question car tu dis que le PN ne détruit pas physiquement mais psychiquement…et dans ta description du PN que j’ai trouvé formidable et éclairante, j’ai trouvé que cela se rapproche du fonctionnement et la description du psychopathe, mais pourtant le psychopathe jouit de la destruction physique et psychique de l’autre… dans le cadre de mes recherches j’en ai rencontré un en hôpital psychiatrique qui avait tué un père et son fils juste pour le plaisir, il avait le sourire en parlant de ce qu’il avait fait comme si il regrettait pas son acte, mais cet instant ou il a senti la vie partir de ses victimes, mais en même temps il disait que le jeu n’en vaut pas la chandelle a cause du nombre d’année à passer enfermer en psychiatrie…au cours de l’entretien j’ai trouvé que son fonctionnement de psychopathe ressemblait à celui d’un PN? tu en penses quoi? et puis une dernière question, moi je crois en la capacité de changement de chaque être humain, je sais que c’est possible dans la psychose et l’autisme, j’ai participé à des programmes qui ont permis à des personnes d’améliorer leurs fonctionnement et leurs compétences sociales.. je me demandais si un PN peut s’ameliorer ? penses tu que c’est possible de changer et d’évoluer même quand on est psychopathe, PN, ou psychotique, même névrotique?
    voila merci! joyeuse fêtes de fin d’année…

    Aimé par 2 personnes

    • Bonjour,

      Voilà un commentaire pertinent, qui apporte de nouvelles pistes de réflexion. Je vais tenter de répondre avec les connaissances que j’ai acquises grâce à mes différentes lectures.
      Quand j’ai dit que le pn ne détruit pas physiquement, je me basais surtout sur ma propre expérience … en admettant que l’homme que j’évoque soit réellement pn. Or, cela n’est pas vraiment l’essentiel, on s’en fiche qu’il soit pn ou autre qualificatif psychologique 🙂 L’important ce sont les faits et comment on les a vécus.
      Le lien qu’on peut trouver avec cette anecdote, c’est que le pn n’a absolument aucune empathie, et fuit l’idée de la mort, donc ne laisse paraître aucune émotion, aucune souffrance. Mais au fond, on ne sait pas ce que ressentent les pn. Je pense qu’ils sont verrouillés au niveau émotionnel, tout simplement. Le psychopathe serait un pn qui aurait basculé dans la violence physique voire le meurtre, en ne se préoccupant plus de son image sociale. Apparemment, c’est ce que pensent les auteurs.
      Concernant une évolution de la part d’un pervers, je pense que c’est possible oui. Au cours des années, il peut bien changer un peu sa vision de la vie, améliorer son relationnel, etc … ce sont avant tout des êtres humains comme vous et moi. Par contre, je pense qu’il ne peut pas vraiment devenir tout le contraire de ce qu’il est, c’est-à-dire devenir quelqu’un de bienveillant et empathique. Ce serait trop éloigné de la façon d’être qu’il a choisie depuis sa jeunesse (adolescence – début de l’âge adulte). Ou alors, il en passerait par une longue période de dépression et pourrait basculer dans la psychose, donc je pense qu’il préfère se maîtriser et rester dans la perversion.

      J’espère avoir bien répondu aux deux questions. Cela reste mon avis personnel et non une vérité universelle 🙂

      Bonnes fêtes de fin d’année.

      Aimé par 1 personne

      • Bonjour, une amie vient de me faire découvrir votre article à l’occasion de la lecture du mien sur une expérience semblable que j’ai vécue il y a quelques années et dont je suis sortie avec grandes difficultés au départ mais la satisfaction de m’être libérée.

        Pour répondre à cette question sur le parachèvement physique de notre destruction, je crois instinctivement et après avoir moi aussi beaucoup lu et étudié la question, qu’ils trouvent un degré supplémentaire de plaisir à voir qu’ils nous manipulent psychologiquement pour que nous soyons NOUS l’artisan de notre perte.

        C’est un petit peu compliqué à expliquer mais je suis intimement persuadée que contrairement à un psychopathe qui jouirait d’étouffer de ses mains la dernière étincelle de vie de sa victime, ces PN eux, se repaissent beaucoup plus de faire de nous des marionnettes, de nous voir agoniser par nos propres non choix…sous leurs suggestions et que le fait que ça doit absolument durer le plus longtemps possible pour que leur plaisir soit complet, justifie que jamais vraiment ils ne lâchent prise et viennent « regoûter » régulièrement à notre désespoir, tester leur emprise, la réactiver….

        C’est une soif inextinguible en eux, ils se nourrissent de nos émotions, alors plus ça dure, mieux c’est et plus ils contrôlent de proies, plus ils s’abreuvent.

        De la violence physique il y en a aussi parfois (ça n’était pas le cas pour moi) mais plus pour soumettre que pour anéantir physiquement, l’anéantissement psychologique est bien plus productif et durable pour eux.

        Dans cette recherche perpétuelle de contrôle et soumission de l’autre, sa mort ne serait finalement qu’une perte de contrôle ce qu’ils cherchent précisément à éviter.

        Celui qui que j’ai connu et dont j’ai eu le plus grand mal à me séparer revient encore régulièrement, 4 ans après, tenter de renouer le contact utilisant tour à tour, la complicité, la flatterie, mon éventuelle curiosité, la provocation pour renouer le contact et me faire céder car il ne peut se résoudre à cette perte de contrôle sur moi. Je m’interdit de réagir, je l’ai repoussé loin de moi, je ne veux pas lui permettre de se rapprocher.

        Sur l’autre question, de leur éventuelle guérison, je suis plus dubitative, elle devrait évidemment reposer sur une prise de conscience de ce mode de fonctionnement en parasite.
        Or j’ai l’impression que ce mode de fonctionnement, s’il a été mis en place pour parer un évènement ou une situation traumatique, il tient sa force de son côté monolithique et lisse empêchant toute remise en question se régénérant du fait que le PN s’estime toujours le plus fort face à la faiblesse de sa proie et quand il échoue c’est parce qu’il estime que l’autre est névrosé, ça n’est pas finalement pas son échec mais celui de sa proie qui n’arrive pas à maintenir la relation… Une remise en question ferait s’effondrer toute cette construction monolithique et perdre totalement le contrôle ce qu’il est incapable de faire, car ça lui fait trop peur, quelque chose dans son vécu lui a fait penser qu’il en mourrait.

        C’est mon impression, après avoir observé ou avoir recueilli ou lu tant de témoignages, c’est cette silhouette qui s’est dessiné à propos du pervers narcissique.

        J’ai rebâti ma vie sur un champ de ruines, au début cette simple perspective suffisait à me conforter dans ma résistance et aujourd’hui quand je vois le chemin parcouru, je sais que c’est possible et que ça valait la peine de se battre pour se libérer de lui et de cette mauvaise copie de moi qu’il avait façonné.

        J’aide au mieux d’autres victimes ou devrais je dire proies de PN, aussi avec mon expérience professionnelle et ça aussi ça participe de ma reconstruction je pense

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